Mastodon

Où trouver tout mes écrits, créations artistique en modélisme, aventures de jeux de rôles et réalisations persos, réflexions informatiques ou pas…

Chaque matin, le soleil consulte un agenda astrologique pour savoir quand se lever. Les grenouilles comprennent le langage Morse mais refusent de le parler. L’horizon est un mensonge fabriqué par la perspective.

Chapitre 6 du voyage à travers le vieux monde de warhammer de plusieurs chevaliers vampires en quête de suprématie martiale et d’immortalité.

Temps de lecture estimé : environ 15 min

Feu & Sang – Chapitre 6

Cela… N’a aucun sens, se plaignit Tristofan, visiblement tout aussi perturbé. - Pas étonnant que cette ville souffre autant, déclara Brandit en s’avançant.

Son marteau, éclairant chacun de ses pas, attira aussitôt l’attention des deux belligérants.

Le démon feula de plus belle, sa longue langue fouettant l’air en direction du prêtre. Le mort-vivant quant à lui eu une réaction qui fit sourciller le répurgateur. Il s’écarta sur le côté, sans perdre la créature des yeux un seul instant. Tentait-il de chercher une échappatoire à sa position délicate, coincé entre eux et l’enfant écarlate ? Où y avait-il autre chose ? Son comportement ne trahissait aucune crainte à leur égard. Toute son attention était dirigée sur son ennemi.

La chaleur engendrée par la déflagration les fit tressaillir. Alors que la mort embrasait le passage en ronflant, leur cachant les deux ennemis, le répurgateur ne put s’empêcher de pester.


Les deux vampires dévalaient déjà les pavés d’une rue parallèle. Ils fuyaient l’incendie que le mage aurait tôt fait d’éteindre, tandis que Manesh’k se remettait de ses émotions, la cuirasse fumante.


Il ne s’était pas fait d’illusion, sa fuite était inévitable. Elle n’avait aucune chance de défaire quelqu’un comme lui avec ces squelettes aux os craquants. Il prit calmement le temps d’examiner les corps brisés. Les conduits environnants en étaient désormais jonchés. Aucun nécromancien sain d’esprit ne tenterait de relever ces tas d’ossements brisés. A l’odeur, la poussière dégagée mais aussi l’énergie dépensée pour les animer, Gilnash devina qu’il ne s’agissait pas des dépouilles de simples villageois, de défunts d’une guerre lointaine ou d’un vieux cimetière redoutés par les plus superstitieux, et à juste titre. Non… ces ossements provenaient de générations bien plus anciennes que seules des cryptes oubliées auraient pu abriter. Des hommes parmi les bâtisseurs de l’empire, voire vraisemblablement beaucoup plus loin.

Un frisson le parcouru soudain, le tirant de ses réflexions. Les vents invisibles tourbillonnaient vers lui avec une violence qui ne lui laissa aucun doute sur son origine.


Les deux vampires déboulèrent à l’intersection, lames au clair. Ils balayèrent un instant la zone, les esquilles craquants sous leurs bottes.

Manesh’k soupira de soulagement. Leur compagnon avait visiblement croisé le Sanguinaire, mais pour une raison leur échappant, celui-ci ne lui avait pas fait de mal.


Le vampire à l’apparence plus proche des morts que des vivants renversa l’une des tables d’études. Parchemins et instruments ésotériques roulèrent au sol, souillés par les contenus de plusieurs flacons. Sa colère était plus que palpable et aucun de ses deux apprentis n’osait l’interrompre alors que plusieurs chauves-souris affolées déguerpissaient de la pièce.

D’une vigueur surprenante pour son allure il attrapa en plein vol une chauve-souris affolée qui eu le malheur de passer trop près de lui. Ses doigts fins et décharnés dégoulinèrent de fluides lorsqu’il la pressa comme un citron, broyant le petit corps d’une poigne à ne pas sous-estimer.

Grimaçant, il examina quelque instant sa main poisseuse avant de se redresser. Sa colonne vertébrale protesta lorsqu’il se tourna vers la créature encore soumise à sa volonté, accroupie dans un coin de la pièce. Il sentait sa haine ronger les barreaux tatouées à même sa peau, mais ceux-ci tiendraient encore un bon moment. La solution était là.

L’œil vif, il devina qu’il était inutile de discuter et s’inclina bas avant de tourner les talons sans perdre un instant.

La jeune femme le regarda partir sans dire un mot.

Les yeux de la nécromancienne se plissèrent. Préparer le premier Sanguinaire lui avait pris plus d’une journée pour ciseler tous les liens spirituels… Mais elle garda le silence et s’apprêta à imiter son compagnon d’infortune quand le vampire ajouta :

Elle eut un léger sourire avant de disparaitre dans les couloirs poisseux. Continuant à grommeler Scleras se retourna vers le démon enchainé. Tant d’efforts, tant de manipulations et de recherches pour en arriver là…


Les coups répétés le tirèrent d’un sommeil déjà bien agité. Secouant la tête, John porta la main au pistolet posé sur sa table de chevet et alla ouvrir les volets sur lesquels on continuait de frapper. Prêt à passer une sérieuse soufflante à l’idiot qui tapait là, il se rappela soudain qu’il était au troisième étage de son bâtiment au mur lisses. Lorsqu’il mit en joue un hibou grand-duc, celui-ci ne fit qu’incliner la tête de côté en l’observant de ses grands yeux ronds, la lumière du jour longeant sa face dans l’ombre.

Il s’apprêta à repousser l’oiseau lorsque les prunelles de celui-ci devinrent soudain écarlate. Il bondit à l’intérieur et évita le projectile qui lui roussit toutefois le plumage.

L’animal se posa sur le rebord du lit, l’observant de ses yeux inhabituel et ne loucha pas lorsque le canon se posa entre ceux-ci. Il claqua du bec et une voix qui n’avait rien d’animal sorti de sa gorge.


Valent grimaça, alors que Rechald venait lui tenir l’épaule, l’invitant à s’asseoir et laisser John poursuivre la conversation.

John hocha la tête, l’invitant à poursuivre.

Tristofan décroisa les bras en entendant ces paroles, tandis que toute couleurs quittaient les visages de Valent et Dave.

L’oiseau eu un soubresaut, John fronçant les sourcils. D’un mouvement sec la tête de l’animal se tourna vers le prêtre et une nouvelle voix, plus agressive, sorti de son bec :

Le prêtre ne répondit rien, mais leva la tête. En silence il éprouva un instant un certain respect pour ce monstre.

Le plumage de l’oiseau de gonfla comme il inspirait profondément.

Dave eu un hoquet, une lueur de peur animant ses prunelles. Sa réaction traduisit le malaise général qu’éprouvèrent les humains qui conversaient avec un rapace nocturne.



John ne chercha pas à contredire ce point et resta tranquillement assis dos au mur de la rue mal éclairée. Lui-même avait entendu les paroles de l’oiseau. Néanmoins, leur comportement était inédit. De mémoire de répurgateur jamais un mort-vivant n’avait proposé son aide à un mortel. D’autres questions restaient également sans réponses. N’avaient-ils réellement rien à voir avec toutes ces disparitions ? Pourquoi avaient-ils combattus le Sanguinaire et qu’étaient les tatouages qu’il arborait ? Combien étaient-ils et quelles menaces planaient sur la ville ? Enfin, plus par curiosité que par nécessité, quelles étaient ces différentes castes de vampire et pourquoi s’affrontaient-ils ?

Un vrombissement venant d’haut-dessus vint interrompre ses pensées. Battant furieusement des ailes et piaillant de colère, une véritable nuée volante survola les toits. Chauve-souris, hiboux, chouettes, faucons, corbeaux… Une variété de bêtes volantes les dominait des airs.

Tristofan embrasa ses deux poings en décochant un regard lourd de reproches au répurgateur alors que le marteau du prêtre s’éclairait progressivement.

Il ajusta calmement son chapeau sur son crâne et leva les yeux pour observer le ballet de ces créatures.

L’officier Valent fronça les sourcils sans comprendre, mais le mage répondit rapidement.

Alors qu’ils fixaient tous intensément le nuage vrombissant, une ombre se laissa soudain tomber au beau milieu des humains. Le choc de sa réception sur les pavés fut parfaitement audible malgré le vacarme. Trois soldats dégainèrent leurs armes et le mage de feu tendis le bras, près à embraser l’intrus, mais John se plaça entre eux et le mort-vivant.

Le vampire en armure sombre se redressa lentement, observant avec intensité chacun des humains face à lui, ignorant ceux dans son dos. Il plongea son regard écarlate dans celui du répurgateur face à lui. Avec une grimace il cilla et pivota sur lui-même, scrutant les visages de chacun de ses alliés de circonstances.

Ils étaient tellement concentrés sur le premier intrus qu’ils avaient cessés de scruter le tourbillon de volatiles. Le nouveau venu ne portait pas l’imposante armure de son compagnon mais une tenue ressemblant à du cuir ancien et ciselé, beaucoup plus léger que du métal.

Gilnash hocha la tête avant de jeter un regard à son frère d’armes qui resta impassible. Comme si leur folie commune s’était soudain dissipée, les créatures volantes s’envolèrent et disparurent progressivement dans la nuit.

Aussitôt la majorité des hommes leva la tête au toit pour voir que le dernier mort-vivant était resté perché dans les hauteurs. Il s’essuya les lèvres et avec un soupir résigné se laissa tomber à son tour.